Chers compatriotes, Chers militants de la démocratie,
En ce jour solennel du 22 è anniversaire du soulèvement populaire du 05 Octobre 1990, nous voudrions avant toute chose, au nom du Mouvement Patriotique du 05 Octobre (MO5), nous acquitter d’un devoir douloureux et mémoriel, celui de nous incliner pieusement devant le sacrifice suprême de nos Martyrs qui ont su mêler le nom du Togo à leur sang.
Les années passent, mais nous ne le dirons jamais assez : Notre marche vers la démocratie est inexorable. C’est grâce à votre détermination contre l’oppression que nous avons réussi à écrire, ensemble, l’une des pages les plus significatives de notre palpitante histoire. C’est grâce à vous que l’acte héroïque et historique sans précédent du 05 Octobre 1990 a été possible. Mais au jour d’aujourd’hui les desiderata du peuple demeurent sans satisfaction. La tâche reste à achever patriotiquement.
Chers compatriotes, Chers militants, la révolte populaire du 05 Octobre n’est pas une simple agitation de désœuvrés venus du Ghana, comme le pouvoir Gnassingbé a voulu alors avec beaucoup de fébrilité le faire croire. Elle reste l’expression d’un ras-le-bol à jamais gravé dans la mémoire collective du peuple togolais et demeure le cri de détresse le plus audible de notre incompressible volonté de démocratie et de justice sociale. Cette mémorable date du 5 octobre 1990 a, en effet, suscité d’immenses espoirs et remis à l’ordre du jour les rêves de liberté et de grandeur des père-fondateurs qui ont posé admirablement les fondements de notre république.
Force est de constater, répétons-le, avec amertume et un sentiment de gâchis, que la rente de ces inestimables sacrifices n’est pas au rendez-vous et que 22 ans après le 05 Octobre 1990, les Togolais n’ont pas encore réussi à installer au pouvoir l’élu de leur choix. Le Togo devient synonyme de misère. Les institutions, au cas où elles existent dans le pays, sont dévoyées et soumises entièrement au bon vouloir du prince et aux caprices du clan qui tient et enlise le pays chaque jour que Dieu fait. Les manifestations pacifiques de l’opposition sont sauvagement réprimées.
Cependant, les vicissitudes du moment ne sauraient éteindre la flamme du 5 octobre qui certes peut baisser momentanément d’intensité. Le soulèvement populaire du 5 octobre 1990 s’inscrit dans un processus irréversible. Quelles que soient les déceptions de l’heure, la lutte pour la libération du Togo doit continuer. Nous n’aurons de cesse de le redire : Notre destin est entre nos mains, pour autant que nous sachions réagir au drame que vit notre cher Togo. La Terre de nos Aieux peut renaître de ses cendres, si nous savons reprendre l’effort de manière appropriée. Face aux graves problèmes que connait le Togo, nous n’avons pas le droit de nous verser dans des disputes futiles et dépassées qui n’ont pour résultat que de nous diviser et nous fragiliser davantage, alors que les forces démocratiques ont tout intérêt à s’unir, à dissoudre les égoïsmes et à écouter la voix gémissante du peuple écrasé.
Chers compatriotes, ayons foi dans l’avenir du Togo. Seule la lutte libère !
Eloi Koussawo, Coordinateur Général du MO5